{"id":1260,"date":"2025-10-13T07:00:00","date_gmt":"2025-10-13T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/nuancesdudroit.fr\/?p=1260"},"modified":"2025-10-13T07:23:22","modified_gmt":"2025-10-13T05:23:22","slug":"bon-anniversaire-omega-larret-qui-a-faconne-la-tolerance-constitutionnelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nuancesdudroit.fr\/?p=1260","title":{"rendered":"Bon anniversaire, Omega\u00a0: l\u2019arr\u00eat qui a fa\u00e7onn\u00e9 la tol\u00e9rance constitutionnelle"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><em>De Karlsruhe \u00e0 Luxembourg, l\u2019Europe continue de se construire dans la diversit\u00e9 et pour les droits fondamentaux<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p style=\"text-align: justify;\"><em style=\"font-size: 12pt;\">Une date importante \u00e0 retenir<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Il y a des dates qui s\u2019\u00e9gr\u00e8nent dans le calendrier europ\u00e9en comme de simples rep\u00e8res, et d\u2019autres qui deviennent des jalons, des phares pour relire l\u2019histoire du droit de l\u2019Union. Le 14 octobre 2004 appartient sans aucun doute \u00e0 la seconde cat\u00e9gorie. Ce jour-l\u00e0, la CJCE rendait un arr\u00eat dont le retentissement fut bien plus grand que ne le laissait pr\u00e9sager l\u2019affaire qui l\u2019avait provoqu\u00e9\u00a0: <em>Omega Spielhallen<\/em> (<a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/ALL\/?uri=CELEX:62002CJ0036\">C-36\/02<\/a>).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Qu\u2019une salle de laser game \u00e0 Bonn puisse devenir le th\u00e9\u00e2tre d\u2019un d\u00e9bat majeur sur la dignit\u00e9 humaine et la libre prestation de services avait, au premier abord, tout de l\u2019anecdote. Et pourtant, comme le confessait P. Ric\u0153ur <em>dans Philosophie, \u00e9thique et politique<\/em>, \u00ab\u00a0<em>[o]n ne sait jamais ce qui est hasard et ce qui est destin. Je suis souvent frapp\u00e9 par le fait que l\u2019anecdotique devient le n\u00e9cessaire apr\u00e8s-coup<\/em>\u00a0\u00bb. Derri\u00e8re ce d\u00e9cor presque trivial se jouait, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, une question absolument fondamentale\u00a0: comment concilier la diversit\u00e9 des traditions constitutionnelles avec l\u2019exigence d\u2019unit\u00e9 qui fonde l\u2019ordre juridique europ\u00e9en\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Vingt-et-un ans plus tard, <em>Omega<\/em> n\u2019a pas vieilli. Il continue de hanter la jurisprudence de l\u2019Union, comme un spectre bienveillant qui rappelle sans cesse que l\u2019Europe n\u2019avance ni par effacement des diff\u00e9rences, ni par renoncement aux engagements fondateurs, mais par une dialectique subtile entre pluralit\u00e9 et unit\u00e9. \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les \u00c9tats invoquent plus bruyamment que jamais leur \u00ab identit\u00e9 constitutionnelle \u00bb pour justifier des replis souverainistes, o\u00f9 des constitutions nationales sont amend\u00e9es pour promouvoir cette \u00ab pr\u00e9f\u00e9rence nationale \u00bb, l\u2019arr\u00eat <em>Omega<\/em> r\u00e9sonne comme une matrice, une cl\u00e9 herm\u00e9neutique, un rappel salutaire. Car tout y \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 peu pr\u00e8s consign\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Omega\u00a0: point de d\u00e9part, matrice herm\u00e9neutique<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00c0 l\u2019origine, l\u2019affaire paraissait presque anodine\u00a0: un laser game \u00e0 Bonn, dans lequel les participants simulaient des tirs sur des cibles humaines, suscita un d\u00e9bat sur la compatibilit\u00e9 d\u2019une telle activit\u00e9 avec la dignit\u00e9 humaine, valeur cardinale de la Loi fondamentale allemande. C\u2019est pourtant \u00e0 partir de ce d\u00e9cor trivial que la Cour de justice fut invit\u00e9e \u00e0 r\u00e9soudre une question vertigineuse\u00a0: la libert\u00e9 de prestation de services pouvait-elle \u00eatre restreinte au nom d\u2019une conception nationale de la dignit\u00e9\u00a0? Pour justifier l\u2019interdiction de ce jeu par les autorit\u00e9s allemandes, la CJCE dut recourir \u00e0 la notion d\u2019<em>ordre public<\/em>, en tant qu\u2019exception possible \u00e0 la libre prestation de services vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 46 CE. Or, aussi bien le cas d\u2019esp\u00e8ce que ce fondement n\u2019allaient pas sans malaise. Dans sa r\u00e9ponse, la Cour a pris soin de rappeler que \u00ab\u00a0<em>la notion d\u2019ordre public, dans le contexte communautaire et notamment en tant que justification d\u2019une d\u00e9rogation \u00e0 la libert\u00e9 fondamentale de prestation de services, doit \u00eatre entendue strictement<\/em>\u00a0\u00bb [<a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/document\/document.jsf?docid=49221&amp;doclang=FR\">pt. 30<\/a>]. Et elle ajoutait aussit\u00f4t\u00a0: \u00ab<em>\u00a0sa port\u00e9e ne saurait \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e unilat\u00e9ralement par un \u00c9tat membre sans un contr\u00f4le des institutions de la Communaut\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb [<a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/document\/document.jsf?docid=49221&amp;doclang=FR\">pt. 30<\/a>]. Autrement dit, la Cour de justice accepte que la dignit\u00e9 humaine puisse relever d\u2019une conception nationale, mais \u00e0 la condition expresse qu\u2019elle demeure ins\u00e9r\u00e9e dans le cadre du droit de l\u2019Union et soumise au contr\u00f4le du juge de l\u2019Union. C\u2019est l\u00e0 tout le paradoxe d\u2019<em>Omega\u00a0<\/em>: reconna\u00eetre la sp\u00e9cificit\u00e9 constitutionnelle allemande tout en la domestiquant par le biais du contr\u00f4le de proportionnalit\u00e9 \u2013 tel qu\u2019il fut d\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9 par l\u2019arr\u00eat c\u00e9l\u00e8bre <em>Schmidberger<\/em> (<a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/document\/document.jsf?text=&amp;docid=47920&amp;pageIndex=0&amp;doclang=fr&amp;mode=lst&amp;dir=&amp;occ=first&amp;part=1&amp;cid=25734584\">C-112\/00<\/a>).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Ce passage d\u00e9licat illustre d\u00e9j\u00e0 toute la subtilit\u00e9 du raisonnement de la CJCE. Comme l\u2019a rappel\u00e9 le Pr\u00e9sident K. Lenaerts, \u00ab\u00a0\u201c<em>[il] n\u2019est pas indispensable que la mesure restrictive \u00e9dict\u00e9e par les autorit\u00e9s d\u2019un \u00c9tat membre corresponde \u00e0 une conception partag\u00e9e par l\u2019ensemble des \u00c9tats membre\u201d [\u2026], il ressort de l\u2019arr\u00eat Omaga que la Cour de justice n\u2019a pas voulu imposer une conception uniforme de la dignit\u00e9 humaine. Au contraire, elle a interpr\u00e9t\u00e9 l\u2019ex-article 49 CE \u00e0 l\u2019aune du pluralisme constitutionnel, selon lequel les traditions constitutionnelles communes ne sont pas en concurrence avec les objectifs \u00e9conomiques de l\u2019Union<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. En somme, l\u2019arr\u00eat <em>Omega<\/em> n\u2019instaure pas une interpr\u00e9tation uniforme et rigide de la dignit\u00e9, mais entrouvre un espace dans lequel les conceptions nationales peuvent dialoguer, \u00e0 condition de demeurer sous l\u2019horizon commun du droit de l\u2019Union et du contr\u00f4le de la CJUE. Cette tension fondatrice marque la v\u00e9ritable nouveaut\u00e9 de l\u2019arr\u00eat. <em>Omega<\/em> n\u2019est pas seulement une affaire d\u2019ordre public\u00a0; c\u2019est aussi la premi\u00e8re \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/www.revuegeneraledudroit.eu\/blog\/2021\/09\/27\/lidentite-de-lunion-europeenne-au-prisme-de-la-souverainete-de-ses-etats-membres\/\">domestication<\/a>\u00a0\u00bb de l\u2019identit\u00e9 constitutionnelle dans l\u2019ordre juridique de l\u2019UE. Pour la premi\u00e8re fois, une conception nationale d\u2019un principe fondamental \u2013 ici, la dignit\u00e9 humaine \u2013 est admise dans le champ du droit de l\u2019Union, mais sous tutelle herm\u00e9neutique de la Cour de justice. Ce geste jurisprudentiel inaugure ce que l\u2019on peut d\u00e9nommer une \u00ab\u00a0tol\u00e9rance constitutionnelle encadr\u00e9e\u00a0\u00bb, qui n\u2019exclut pas la diversit\u00e9, mais la r\u00e9gule.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Or, le Conseil d\u2019\u00c9tat refuse encore de l\u2019admettre. Dans son <a href=\"https:\/\/www.conseil-etat.fr\/publications-colloques\/etudes\/etudes-annuelles\/etude-annuelle-sur-la-souverainete\">\u00c9tude annuelle 2024<\/a> sur la souverainet\u00e9, il souligne que l\u2019identit\u00e9 constitutionnelle ne saurait \u00eatre d\u00e9finie, en dernier lieu, par la Cour de justice, m\u00eame si celle-ci d\u00e9tient le monopole d\u2019interpr\u00e9tation des trait\u00e9s (<a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/resource.html?uri=cellar:2bf140bf-a3f8-4ab2-b506-fd71826e6da6.0002.02\/DOC_1&amp;format=PDF\">article 19 du TUE<\/a>). Il s\u2019inqui\u00e8te d\u2019une interpr\u00e9tation \u00ab\u00a0maximale voire maximaliste\u00a0\u00bb des pr\u00e9rogatives de la CJUE, notamment lorsqu\u2019elle juge qu\u2019il lui appartient seule de v\u00e9rifier si une obligation europ\u00e9enne m\u00e9conna\u00eet l\u2019identit\u00e9 nationale d\u2019un \u00c9tat membre (<a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/liste.jsf?language=fr&amp;td=ALL&amp;num=C-430\/21\">CJUE, 22 f\u00e9vrier 2022,<em> RS<\/em>, aff. C-430\/21<\/a>). Le Conseil d\u2019\u00c9tat rappelle ainsi que, si le droit de l\u2019Union est dot\u00e9 d\u2019une force normative sup\u00e9rieure, \u00ab\u00a0<em>le \u201cdernier mot\u201d appartient encore, en dernier ressort, aux \u00c9tats, par le biais des m\u00e9canismes politiques ou constitutionnels dont ils disposent\u00a0<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. N\u00e9anmoins, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce d\u00e9bat qu\u2019<em>Omega<\/em> a ouvert\u00a0: en articulant la reconnaissance des identit\u00e9s constitutionnelles avec la pr\u00e9servation de l\u2019unit\u00e9 du droit europ\u00e9en, la Cour a esquiss\u00e9 une voie m\u00e9diane \u2013 ni uniformit\u00e9, ni fragmentation \u2013\u00a0: celle du \u00ab\u00a0dialogue des particularit\u00e9s\u00a0\u00bb, sous la vigilance d\u2019un juge europ\u00e9en devenu alors m\u00e9diateur de la pluralit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Du spectre Omega aux arr\u00eats contemporains\u00a0: filiation et r\u00e9sonances<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Si l\u2019arr\u00eat <em>Omega<\/em> a pos\u00e9 les principes, les arr\u00eats ult\u00e9rieurs en ont explor\u00e9 les ramifications, les subtilit\u00e9s. Mais loin de s\u2019y r\u00e9soudre, l\u2019esprit d\u2019<em>Omega<\/em> continue de r\u00e9appara\u00eetre dans les jugements actuels.<\/span><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Sayn-Wittgenstein<\/em> de 2010 (<a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/liste.jsf?language=fr&amp;num=C-208\/09\">C-208\/09<\/a>)\u00a0: l\u2019Autriche imposait des restrictions fond\u00e9es sur ses traditions matrimoniales nationales. La Cour accorde une marge de man\u0153uvre \u00e0 l\u2019\u00c9tat, mais\u00a0 sous contr\u00f4le europ\u00e9en strict \u2013 \u00e0 l\u2019image d\u2019<em>Omega<\/em>, elle refuse l\u2019uniformit\u00e9 rigide tout en imposant la \u00ab\u00a0coh\u00e9rence\u00a0\u00bb, \u00e0 partir du concept d\u2019\u00ab\u00a0identit\u00e9 nationale\u00a0\u00bb de l\u2019article 4 \u00a7 2 TUE.<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Runevi\u010d-Vardyn &amp; Wardyn<\/em> de 2011 (<a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/ALL\/?uri=CELEX:62009CJ0391\">C-391\/09<\/a>)\u00a0: en mati\u00e8re linguistique et de libert\u00e9 de circulation, la CJUE permet aux \u00c9tats de prot\u00e9ger leur langue nationale, tout en imposant un test de proportionnalit\u00e9 \u2013 une reprise en filigrane de la n\u00e9gociation qu\u2019<em>Omega <\/em>avait inaugur\u00e9e.<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Coman<\/em> de 2018 (<a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/document\/document.jsf?text=&amp;docid=202542&amp;doclang=FR\">C-673\/16<\/a>)\u00a0: la question de la reconnaissance des mariages entre personnes du m\u00eame sexe dans les \u00c9tats membres a donn\u00e9 lieu \u00e0 un vrai jeu d\u2019\u00e9quilibriste\u00a0: l\u2019Union impose la reconnaissance de droits, mais laisse aux \u00c9tats une libert\u00e9 d\u2019impl\u00e9mentation. L\u00e0 encore, <em>Omega<\/em> murmure en arri\u00e8re-plan\u00a0: l\u2019int\u00e9gration ne nie pas les diff\u00e9rences, mais la protection des libert\u00e9s doit \u00eatre concr\u00e8te et effective.<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Energotehnica<\/em> de 2024 (<a href=\"https:\/\/eur-lex.europa.eu\/legal-content\/FR\/TXT\/?uri=CELEX:62022CA0792\">C-792\/22<\/a>)<strong>\u00a0<\/strong>: dans cette affaire plus r\u00e9cente, la CJUE a r\u00e9affirm\u00e9 la primaut\u00e9 du droit de l\u2019Union sur une d\u00e9cision d\u2019une cour constitutionnelle nationale qui conf\u00e9rait force de chose jug\u00e9e (\u00e0 une d\u00e9cision administrative, au m\u00e9pris du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne (notamment de la directive 89\/391 et de l\u2019article 47 de la Charte). En particulier, la Cour juge que les juridictions ordinaires ne peuvent pas \u00eatre contraintes de suivre des d\u00e9cisions constitutionnelles nationales s\u2019ils estiment qu\u2019elles violent des dispositions europ\u00e9ennes. Ce contr\u00f4le renforce l\u2019id\u00e9e que, m\u00eame en pr\u00e9sence de particularit\u00e9s constitutionnelles nationales, l\u2019Union ne saurait tol\u00e9rer de violations des garanties fondamentales.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Cette affirmation contemporaine de la primaut\u00e9 donne une illustration vivante sans cesse confirm\u00e9e\u00a0: l\u2019affaire <em>Omega<\/em> n\u2019est pas un vestige \u2013 il continue d\u2019orienter la jurisprudence sur les rapports entre les identit\u00e9s constitutionnelles nationales, le pluralisme et la supr\u00e9matie du droit europ\u00e9en.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Le pluralisme constitutionnel n\u2019est pas mort<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">La doctrine contemporaine en atteste\u00a0: le pluralisme constitutionnel est bel et bien vivant. Un <a href=\"https:\/\/www.cambridge.org\/core\/journals\/german-law-journal\/article\/constitutional-pluralism-is-not-dead-an-analysis-of-interactions-between-constitutional-courts-of-member-states-and-the-european-court-of-justice\/C4E3DAF6E78AA76AEF88057CE970E2E6\">article assez r\u00e9cent<\/a> l\u2019a montr\u00e9 avec une certaine acuit\u00e9, en soulignant que les juridictions constitutionnelles nationales et la Cour de justice continuent d\u2019interagir, de s\u2019ajuster, de dialoguer \u2013 non dans une rivalit\u00e9 st\u00e9rile, mais dans une tension productive qui permet de corriger progressivement tous les conflits. Ces \u00e9tudes rappellent que les \u00ab\u00a0accommodements mutuels et raisonnables\u00a0\u00bb ne rel\u00e8vent pas d\u2019un slogan, mais d\u2019une pratique concr\u00e8te et quotidienne, qui emp\u00eache la juridiction supr\u00eame de tracer une ligne de partage trop rigide et qui pr\u00e9serverait, artificiellement, la primaut\u00e9 comme un absolu d\u00e9connect\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette perspective que l\u2019h\u00e9ritage d\u2019<em>Omega<\/em> se comprend\u00a0: l\u2019arr\u00eat n\u2019offre nullement un blanc-seing inconditionnel aux identit\u00e9s constitutionnelles des \u00c9tats membres, il \u00e9rige un cadre de dialogue permanent entre les \u00ab\u00a0traditions constitutionnelles communes\u00a0\u00bb et l\u2019exigence d\u2019une protection europ\u00e9enne effective \u2013 parfois exag\u00e9r\u00e9ment pour cette derni\u00e8re (<a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/liste.jsf?num=C-399\/11&amp;language=FR\">CJUE, 26 f\u00e9vrier 2013, <em>Melloni<\/em><\/a>). Ce dialogue, amorc\u00e9 en 2004, irrigue encore et toujours le droit de l\u2019Union : il n\u2019a jamais cess\u00e9, et tr\u00e8s certainement, ne saurait jamais \u00eatre clos.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Mais si la vitalit\u00e9 du pluralisme constitutionnel ne fait gu\u00e8re de doute, la question n\u2019a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre rediscut\u00e9e et r\u00e9investie depuis. Un tournant doctrinal s\u2019est notamment produit autour des r\u00e9flexions conduites sous la direction d\u2019H. Gaudin dans l\u2019opuscule <a href=\"https:\/\/www.mareetmartin.com\/livre\/reseau-de-normes-reseau-de-juridictions\"><em>R\u00e9seau de normes, r\u00e9seau de juridictions\u00a0: Le nouveau paradigme des droits fondamentaux en Europe, entre primaut\u00e9 et clause la plus protectrice de l\u2019article 53 de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne<\/em><\/a>. Cet ouvrage prolonge la perspective d\u2019un \u00ab\u00a0pluralisme en r\u00e9seaux\u00a0\u00bb, o\u00f9 la protection des droits fondamentaux se pense \u00e0 l\u2019intersection de plusieurs ordres juridiques, dans une logique de circulation plut\u00f4t que de hi\u00e9rarchie.Depuis lors, la doctrine comme la jurisprudence n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019affiner ce paradigme du \u00ab\u00a0r\u00e9seau\u00a0\u00bb\u00a0: les dialogues horizontaux entre juges \u2013 qu\u2019il s\u2019agisse de la CJUE, de la CEDH ou des cours constitutionnelles nationales \u2013 traduisent moins une concurrence qu\u2019une interd\u00e9pendance. Le pluralisme constitutionnel appara\u00eet ainsi comme une <em>m\u00e9thode<\/em>\u00a0: une mani\u00e8re d\u2019organiser la coexistence des ordres juridiques par le droit du dialogue, plut\u00f4t que par celui de la supr\u00e9matie. Loin d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e, l\u2019id\u00e9e d\u2019un pluralisme ajust\u00e9, flexible, reste \u00e0 l\u2019heure actuelle l\u2019une des cl\u00e9s de compr\u00e9hension les plus f\u00e9condes de l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne. Voil\u00e0 pourquoi, vingt ans apr\u00e8s <em>Omega<\/em>, la le\u00e7on demeure intacte\u00a0: la tol\u00e9rance constitutionnelle n\u2019est pas une faiblesse, mais la condition m\u00eame d\u2019une Union capable de se repenser et de composer avec la diversit\u00e9 de ses membres sans renoncer \u00e0 la coh\u00e9rence de ses valeurs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Trois enseignements \u00e0 garder vivants<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Par ailleurs, revisiter <em>Omega<\/em> \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9volutions jurisprudentielles offre au moins trois le\u00e7ons toujours fertiles\u00a0:<\/span><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>La tol\u00e9rance constitutionnelle comme cadre interpr\u00e9tatif<\/em> (<strong>i<\/strong>)\u00a0: l\u2019Union ne doit pas gommer les traditions nationales, mais les soumettre \u00e0 un examen, les ins\u00e9rer dans un r\u00e9seau normatif partag\u00e9. <em>Omega<\/em> ouvre la voie \u00e0 ce geste herm\u00e9neutique, non \u00e0 une soumission brute, qui persiste.<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Le juge de l\u2019Union comme m\u00e9diateur vigilant<\/em> (<strong>ii<\/strong>)\u00a0: la CJCE, dans <em>Omega<\/em>, ne refuse pas la suppression allemande, mais l\u2019encadre seulement. Depuis, les arr\u00eats montrent qu\u2019elle continue d\u2019arbitrer entre la diversit\u00e9 nationale et l\u2019exigence de coh\u00e9rence juridique (19 novembre 2024, <a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/juris\/document\/document.jsf?text=&amp;docid=292411&amp;pageIndex=0&amp;doclang=fr&amp;mode=lst&amp;dir=&amp;occ=first&amp;part=1&amp;cid=12480644\"><em>Commission c. R\u00e9publique tch\u00e8que<\/em><\/a>).<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Le noyau des droits fondamentaux comme limite inattaquable <\/em>(<strong>iii<\/strong>)\u00a0: l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9cisif d\u2019<em>Omega<\/em> est que la dignit\u00e9 invoqu\u00e9e ne peut \u00e9clipser la libert\u00e9 \u00e9conomique sans justification s\u00e9rieuse. Autrement dit, les droits fondamentaux doivent \u00eatre toujours prot\u00e9g\u00e9s de fa\u00e7on effective. Puisque cette garantie est une promesse \u00e0 (entre)tenir. Partant, le concept d\u2019\u00ab identit\u00e9 constitutionnelle \u00bb doit \u00e9galement \u00eatre limit\u00e9 par ce m\u00eame principe : <a href=\"https:\/\/nuancesdudroit.fr\/?p=1133\">comme on a pu l\u2019observer ailleurs<\/a>, l\u2019\u00ab identit\u00e9 constitutionnelle \u00bb ne peut servir de pr\u00e9texte pour amoindrir des garanties fondamentales.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Un anniversaire porteur d\u2019enseignements et d\u2019engagements<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Si nous \u00ab\u00a0souhaitons un bon anniversaire\u00a0\u00bb aujourd\u2019hui \u00e0 <em>Omega<\/em>, ce n\u2019est pas pour le figer dans le marbre du pass\u00e9, comme le serait une \u00ab\u00a0entit\u00e9 mus\u00e9ale\u00a0\u00bb, mais pour en raviver la charge critique. Alors que la Pologne et la Slovaquie inscrivent dans leurs constitutions des affirmations de \u00ab\u00a0pr\u00e9f\u00e9rence nationale\u00a0\u00bb, l\u2019arr\u00eat de 2004 nous rappelle, avec la force de l\u2019\u00e9vidence, que l\u2019Union ne peut se r\u00e9duire \u00e0 une Europe \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable, une Union \u00e0 la carte. Et, plus encore, que l\u2019\u00ab\u00a0identit\u00e9 constitutionnelle\u00a0\u00bb, comprise comme <a href=\"https:\/\/nuancesdudroit.fr\/?p=1187\">soupape de s\u00fbret\u00e9<\/a> de la souverainet\u00e9, n\u2019a de l\u00e9gitimit\u00e9 que si elle demeure ench\u00e2ss\u00e9e dans un horizon commun de libert\u00e9s et de droits fondamentaux. Sur ce point, <em>Omega<\/em> avait d\u00e9j\u00e0 livr\u00e9 un enseignement important\u00a0: la \u00ab\u00a0tol\u00e9rance constitutionnelle\u00a0\u00bb n\u2019est pas le signe d\u2019une Europe vacillante, flottante au gr\u00e9 des replis nationaux, ni une neutralisation insidieuse du principe de primaut\u00e9. Elle ne saurait justifier une priorit\u00e9 nationale. Elle n\u2019a qu\u2019un but\u00a0: assurer l\u2019unit\u00e9 dans la diversit\u00e9 et garantir l\u2019effectivit\u00e9 des droits fondamentaux. <a href=\"https:\/\/www.cambridge.org\/core\/product\/2DA4B76C2400B011EA8C1CE7688B247A\/core-reader\">Ceux-ci peuvent certes se concr\u00e9tiser diff\u00e9remment selon les \u00c9tats, mais leur protection, elle, demeure non n\u00e9gociable<\/a>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">Pour autant, vingt et un ans apr\u00e8s <em>Omega<\/em>, le d\u00e9bat est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9. L\u2019actualit\u00e9 jurisprudentielle et doctrinale montre combien les tensions persistent sur cette fronti\u00e8re entre respect des \u00ab\u00a0identit\u00e9s constitutionnelles\u00a0\u00bb et supr\u00e9matie du droit de l\u2019Union. En effet, on le d\u00e9montrait, l\u2019\u00c9tude annuelle 2024 du Conseil d\u2019\u00c9tat, consacr\u00e9e \u00e0 la souverainet\u00e9, en fournit une illustration saisissante. Le rapport exprime une pr\u00e9occupation explicite face \u00e0 ce qu\u2019il per\u00e7oit comme une interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9reuse par la CJUE de ses propres pr\u00e9rogatives. Finalement, le Conseil d\u2019\u00c9tat conteste l\u2019id\u00e9e que l\u2019identit\u00e9 constitutionnelle puisse \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e par la seule Cour de justice. Ce sont, on le soulignait d\u00e9j\u00e0, les \u00c9tats membres qui doivent avoir le \u00ab\u00a0dernier mot\u00a0\u00bb. Ce rappel n\u2019est pas innocent\u00a0: il montre combien la tension identitaire r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par <em>Omega<\/em> reste au c\u0153ur du droit de l\u2019UE. L\u2019\u00e9quilibre entre pluralisme constitutionnel et primaut\u00e9 du droit europ\u00e9en demeure pr\u00e9caire, oscillant entre reconnaissance de l\u2019idiosyncrasie et sauvegarde du commun.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\">\u00c0 cet \u00e9gard, sans nul doute, <em>Omega<\/em> conserve une valeur d\u2019exemple\u00a0: il montre qu\u2019il est possible d\u2019articuler les particularit\u00e9s nationales sans renoncer aux droits fondamentaux et au contr\u00f4le de proportionnalit\u00e9, ainsi que d\u2019accueillir la diversit\u00e9 sans compromettre la coh\u00e9rence normative. Ainsi, il n\u2019est pas seulement un arr\u00eat du pass\u00e9, mais un rep\u00e8re herm\u00e9neutique pour l\u2019avenir \u2013 un point d\u2019\u00e9quilibre fragile, mais bien n\u00e9cessaire, entre la fid\u00e9lit\u00e9 aux identit\u00e9s constitutionnelles et la primaut\u00e9 du droit commun europ\u00e9en.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Un anniversaire, pour m\u00e9moire et pour l\u2019avenir \u2013 vingt-et-un ans apr\u00e8s, nous savons qu\u2019Omega n\u2019a pas dit son dernier mot<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><span style=\"font-size: 12pt;\">Vingt-et-un ans apr\u00e8s, l\u2019arr\u00eat <em>Omega<\/em> n\u2019a rien d\u2019une relique poussi\u00e9reuse. Il demeure, au contraire, une source vive, une matrice qui irrigue \u2013 et doit encore irriguer \u2013 le droit de l\u2019Union. En consacrant la dignit\u00e9 humaine comme limite \u00e0 la libre circulation, mais sans jamais en faire un pr\u00e9texte \u00e0 l\u2019isolement, il a trac\u00e9 une voie\u00a0: celle d\u2019une Europe capable de composer avec ses diversit\u00e9s tout en pr\u00e9servant un horizon commun. Le message d\u2019<em>Omega<\/em>, aujourd\u2019hui encore, est simple mais d\u00e9cisif\u00a0: la tol\u00e9rance constitutionnelle ne saurait \u00eatre le masque d\u2019une Europe du \u00ab\u00a0car tel est notre bon plaisir\u00a0\u00bb. Elle est, en d\u00e9finitive, la traduction la plus exigeante du cri de ralliement de l\u2019Union. La reconnaissance des diff\u00e9rences n\u2019a de sens que si elle sert la protection effective des droits et libert\u00e9s, socle intangible du projet europ\u00e9en. Alors que le spectre de l\u2019\u00ab\u00a0identit\u00e9 constitutionnelle\u00a0\u00bb est mobilis\u00e9 pour s\u2019opposer aux droits fondamentaux, contourner l\u2019\u00c9tat de droit et se d\u00e9rober au processus int\u00e9gratif pour lui pr\u00e9f\u00e9rer la voie de l\u2019unilat\u00e9ralisme, <em>Omega<\/em> rappelle avec force que cette \u00ab\u00a0identit\u00e9\u00a0\u00bb ne peut \u00eatre comprise qu\u2019en alliance, et jamais en concurrence, avec la protection des droits et libert\u00e9s. Il rappelle aussi que l\u2019Union s\u2019est construite et continue de se construire dans le dialogue\u00a0: un dialogue qui cherche le compromis, non l\u2019<em>imp\u00e9rialisme<\/em>\u00a0; un dialogue qui conjugue les diff\u00e9rences sans jamais sacrifier les horizons communs. Accepter des concr\u00e9tisations diff\u00e9rentes, oui\u00a0; tol\u00e9rer des violations, non. <em>Omega<\/em> demeure un arr\u00eat-phare, une source et un signal fort\u00a0: il continue d\u2019\u00e9clairer la jurisprudence, de nourrir les d\u00e9bats, et de rappeler \u00e0 la CJUE comme aux \u00c9tats membres que la diversit\u00e9 n\u2019est pas un pr\u00e9texte \u00e0 la <em>d\u00e9sunion<\/em>, mais davantage une exigence de fid\u00e9lit\u00e9 au projet europ\u00e9en. C\u2019est l\u00e0, \u00e0 n\u2019en pas douter, la v\u00e9ritable promesse d\u2019<em>Omega<\/em>\u00a0: celle d\u2019une Europe capable de conjuguer pluralit\u00e9 et unit\u00e9, diversit\u00e9 et droit commun, sans jamais conjurer l\u2019esprit des valeurs qui la fondent.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Longue vie \u00e0 Omega\u00a0! \u2013 et longue vie \u00e0 cette \u00ab\u00a0tol\u00e9rance constitutionnelle\u00a0\u00bb, visage le plus pr\u00e9cieux de l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne et du pluralisme qui la compose.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> K. Lenaerts, \u00ab\u00a0Les valeurs de l\u2019Union europ\u00e9enne et le pluralisme constitutionnel\u00a0\u00bb, <em>Annales de Droit de Louvain<\/em>, n\u00b0 76, 2016, pp. 183-194, sp\u00e9c. pp. 191-192.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.conseil-etat.fr\/publications-colloques\/etudes\/etudes-annuelles\/etude-annuelle-sur-la-souverainete\">\u00c9tude annuelle 2024 sur la souverainet\u00e9<\/a>, p. 376.<\/span><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-post-author\"><div class=\"wp-block-post-author__avatar\"><img alt='' src='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c6ab506efe514cdd1829b4b1403fbb085c583e9c55d33f3c3c136cd9f75eca79?s=48&#038;d=identicon&#038;r=g' srcset='https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/c6ab506efe514cdd1829b4b1403fbb085c583e9c55d33f3c3c136cd9f75eca79?s=96&#038;d=identicon&#038;r=g 2x' class='avatar avatar-48 photo' height='48' width='48' \/><\/div><div class=\"wp-block-post-author__content\"><p class=\"wp-block-post-author__byline\"><em>Thomas Escach-Dubourg<\/em><\/p><p class=\"wp-block-post-author__name\">TD<\/p><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Karlsruhe \u00e0 Luxembourg, l\u2019Europe continue de se construire dans la diversit\u00e9 et pour les droits fondamentaux Une date importante \u00e0 retenir Il y a des dates qui s\u2019\u00e9gr\u00e8nent dans le calendrier europ\u00e9en comme de simples rep\u00e8res, et d\u2019autres qui deviennent des jalons, des phares pour relire l\u2019histoire du droit de l\u2019Union. 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